vendredi 16 septembre 2016

EMI 1

j'ai testé la première séance d'EMI avec toutes les classes de 6eme.

déroulé de la séance :

- accueil des élèves et explication des règles de venue en EMI : prendre ses affaires avant de rentrer dans le sas du CDI (porte-vue, agenda, carnet de liaison, trousse, crayons de couleur et feuille de brouillon), déposer son sac dans les casiers ("oui, vous pouvez mettre plusieurs sacs par casiers") et sa veste ("oui, même les gilets", "les sacoches aussi") au porte-manteau.

-  je place les élèves (principal critère : qu'ils voient le tableau et le vidéoprojecteur sans avoir à se tourner :-) ) et je fais l'appel via pronote.

- début de la séance : faire la page de présentation (nom, prenom, classe - "n'écrivez pas nom, Prénom, écrivez votre nom et votre prénom"- , groupe, semaine de venue, nom de la matière - "non, pas CDI, EMI - Éducation aux Médias et à l'Information"- mon nom).

-  distribution de la première feuille de cours afin de répondre à la question "qu'est-ce qu'on va faire". nous la lisons ensemble  jusqu'à la séquence 1 et nous nous arrêtons sur les "gros mots" comme "espace informationnel". tous les élèves n'ont pas encore activé leur compte e-lyco (notre ENT) mais voient tout de même de quoi on parle. Distribution des feuilles suivantes

- on s'attaque aux échelles descriptives armés de crayons de couleurs ("oui, la couleur que tu veux", "oui, tu peux changer de couleur", "demande à ton voisin de t'en prêter"). je garde l'image de l'échelle en expliquant qu'elle a 4 barreaux. Mon objectif explicite, annoncé haut et fort, est que tous les élèves atteignent le niveau 3 à la fin de la séquence. Les élèves colorient les cases qu'ils pensent avoir atteintes.

- début de la séance 1 : par groupe de table, les élèves tentent de remplir les cadres "rôle du professeur documentaliste", "signification de CDI" et "mots-clés liés au CDI". Les élèves sont hésitants à se mettre à la tâche. Je leur précise que c'est de l'expression libre : ce ne sera pas corrigé, il n'y a pas de "bonne" ou "mauvaise" réponse. réflexion et échanges pendant quelques minutes.

- mise en commun : je suis la seule à écrire la restitution sur des feuilles A3 accrochées au tableau. je précise en introduction que, si des nouvelles idées leur viennent en cours de restitution, ils peuvent les dire même si elles ne sont pas écrites sur leur feuille. échanges d'abord timide puis plus riche.

- je range les feuilles en les identifiant (classe-groupe) et je leur explique qu'on les utilisera à la séance prochaine (teaser) et nous passons à l'exercice D/se repérer dans le CDI.

- explication de la consigne puis noter les devoirs dans l'agenda (faire la page de présentation au propre + finir l'exercice D). début de l'exercice de déambulation jusqu'à la sonnerie!

les fiches de la 1ère séance sont
photos de quelques restitutions :










bonne rentrée 2016

me revoilà!
j'avoue, l'envie d'écrire sur le blog m'était passée, sans doute parce que je ne voyais pas quoi ajouter. et puis, il y a eu cette réforme (ami lecteur, tu connais mon point de vue sur le sujet). Je n'ai pas eu besoin de batailler pour conserver un enseignement info-documentaire grâce à une équipe de direction favorable et des collègues convaincus. Cependant, je me suis lancée un défi : puisque les programmes parlent EMI, j'enseigne de l'EMI et pas simplement l'IRD.
  • conditions d'enseignement cette année
j'ai les classes en demi/groupe (choix alphabétique) en parallèle avec l'AP français. innovation - non prévue - de l'année : nous alternons semaine A et semaine B donc, si je suis absente une séance, je revois les élèves un mois après (gros inconvénient quand même).
cette année nous avons donc 5 classes de 6eme soit 5h d'enseignement par semaine (j'en récupère 2h).
  • progression
cette année, c'est EMI (sur mon emploi du temps, sur pronote, sur l'emploi du temps des élèves, sur le cahier de texte numérique, sur le livret de rentrée...bref, on ne m'a pas oublié)
mon challenge, refaire ma progression. et là, j'avoue, j'ai totalement séché! quelques recherche sur IDbase m'ont ramenée à l'excellent blog de Marie Nallathamby, Doc à bord et j'ai plagié sa progression (ou presque). j'espère qu'elle me pardonne (je la cite évidemment au début de ma progression).
  •  évaluation
qu'ai-je donc fait cet été, à part ce que font traditionnellement les profs en vacances (parler des élèves, de la rentrée, groupe de parole lié au stress post-traumatique des réunions "réforme"...)? J'ai échelonné !
j'ai tenté, à mon perfectible niveau, de créer des échelles descriptives pour les notions d'EMI vues dans l'année avec les élèves. Elles ne sont pas encore finies mais ça m'a permis de formaliser mes attentes de façon très claire.
j'ai également le projet d'une évaluation finale d'envergure : un escape game mettant en jeu les notions vues dans l'année (je n'en dit pas plus).

conclusion : j'ai envie de republier mes séances! alors c'est partie pour une année de folie

jeudi 4 février 2016

Marie, professeur de collège, interdite de réforme



Madame la ministre de l’Education Nationale,
Mesdames, messieurs les lecteurs de cette lettre,

Je m’appelle Marie et je suis professeur documentaliste. On m’appelle, quelquefois avec ironie, « la dame du CDI ».
J’ai obtenu le CAPES de documentation en 2008. Ce CAPES, au même titre que tous les CAPES, certifie de mes aptitudes au métier de professeur. Je vous rassure, ce n’est pas un CAPES de couverture de livres, comme nous l’entendons encore parfois. Nous relevons du domaine universitaire des Sciences de l’Information et de la Communication et, tout comme le professeur de mathématiques est le vulgarisateur de la pensée des grands mathématiciens, nous avons un contenu très dense à mettre au niveau de compréhension des élèves de collège et de lycée. Et tous les jours, je fais cours, j’enseigne aux élèves à chercher des informations fiables, à comprendre les logiques de fonctionnement des outils du numérique, à mettre en place une veille informationnelle, en autre.
Une partie de ce contenu est repris dans les textes de la réforme (la maîtrise du centre de documentation et d’information, la validation de l’information par exemple) sous l’appellation d’Education aux Médias et à l’Information (EMI).
L’an prochain, je pensais transmettre ces connaissances aux élèves sur les temps d’Accompagnement Personnalisé (AP) qui sont, entre autre, dédiés à l’acquisition des méthodologies de recherche. Je pensais organiser et/ou participer à quelques Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) ou lors du parcours citoyen dont fait partie l’EMI.
Je voulais participer à l’AP mais voilà, je n’ai pas d’heures disciplinaires à l’emploi du temps des élèves, je ne fais pas partie de la sacrosainte Dotation Globale Horaire (DGH). Ces contenus, qui sont mon socle disciplinaire, pour les enseigner aux élèves, je dois me positionner en dédoublement des heures d’AP, selon le bon vouloir du professeur qui officie sur ses heures disciplinaires, selon le bon vouloir du chef d’établissement. En résumé, si l‘on veut bien me confier des élèves, j’enseignerais mais je ne peux prévoir ni la progression des apprentissages info-documentaires, ni le nombre d’heures qui me sera attribué, ni le nombre d’élèves qui pourra bénéficier de mon enseignement.
Les élèves ne seront donc pas sur le même pied d’égalité, les professeurs documentalistes non plus.
Je voulais participer aux EPI, principalement dans la thématique « information, communication et citoyenneté » mais, pour les mêmes raisons que l’AP, je ne peux le faire. Je ne peux mener un EPI avec un autre collègue, je ne peux être que le 3ème professeur et le contenu que j’apporterais ne sera pas évalué.
Encore une fois, mon rôle pédagogique est subordonné à mes collègues et à mon chef d’établissement, entrainant une rupture ‘égalité entre tous les élèves et entre chaque professeur-documentaliste.
Je voulais participer à l’EMI dans le cadre du parcours citoyen mais aucun temps d’enseignement, aucune heure, n’est prévu par la réforme pour ce parcours né des attentats de janvier et porteurs des valeurs de notre République. Chaque collègue pourra ou non l’aborder en classe sans que notre enseignement  bénéficie à tous les élèves. Si des collègues font appel à moi et à mon expertise, je répondrais « présente » mais je ne peux les y obliger.
Encore une fois, la volonté d’égalité pour tous les élèves prônée par la réforme est contrariée par celle-ci.

Je vous avoue que j’ai ma petite idée pour pallier à cette inégalité des chances des élèves et à cette inégalité de traitement des professeurs documentalistes.
Puisque l’EMI est devenue aussi importante à vos yeux qu’aux nôtres, pourquoi ne pas nous l’attribuer officiellement sous la forme d’un enseignement d’info-documentation que vous pouvez appeler « parcours ».
Les professeurs documentalistes sont d’ores et déjà présents 30h en établissement à plein temps. Ces 30h ne sont pas comptabilisées dans la DGH, elles ne relèvent pas des moyens accordés par l’Etat chaque année à l’établissement. Il n’y aurait pas besoin d’augmenter les moyens des établissements.
Notre formation initiale et notre pratique quotidienne font de nous des experts de l’Education aux Médias et à l’Information. Il y a donc un professeur déjà formé dans chaque établissement scolaire, pas besoin de financer de nouvelles formations.
Ce parcours d’info-documentation pourrait être de 15h par élève et par an, pourquoi pas en parallèle des 10 heures de vie de classe assurées par les professeurs principaux.  D’un point de vue pratique, il n’y aurait pas de hausse des heures d’enseignement puisqu’il s’agit d’un parcours et aucune modification d’emploi du temps mais une diminution des temps de latence des élèves.

Bien sûr, vous pouvez trouver à redire à ce projet qui est perfectible mais, je vous en prie, ne nous laissez pas disparaître des enseignements des élèves.

Respectueusement,

Marie
Professeur documentaliste en collège

lundi 14 avril 2014

oui, je lis!

et oui, je lis encore... dernier en date :
 Une autre que moi. Sophie Rigal-Goulard. Oskar édition. oct 2013. 100 p. 979-10-214-0135-8
Iphigénie a l'impression de ne pas être à sa place. Pas à sa place dans sa famille où tout le monde est très intelligent. Pas à sa place au collège où sa deuxième sixième se révèle aussi catastrophique que la première. Heureusement, il y a Lucie, sa meilleure amie et Adam, le nouveau qui lui ressemble tant. et si elle avait été adoptée? ce n'est pas le cas mais il faut qu'elle mette sa famille au pied du mur, qu'elle crie son sentiment d'abandon et son mal-être pour qu'enfin, on l'aide. c'est un psychologue qui va finalement mettre un mot sur son mal-être, une grande précocité intellectuelle, Iphigénie est bien la fille de ses parents mais son génie est bridé par l'école. Parce que souvent, l'échec scolaire n'est pas une question de capacité intellectuelle mais de disponibilité intellectuelle

Mon avis : ce n'est pas une enquête! Ne surtout pas le ranger dans les romans policiers. J'ai beaucoup aimé ce livre qui m'a émue. Les chapitres se présentent comme les pensées des protagonistes : Iphigénie et Lucie en alternance et le dernier est pour Adam. on suit la quête d'identité d'Iphigénie mais aussi les amours et jalousies de Lucie et leur aventure pour innocenter Adam et son ami Alexis d'une sombre affaire de tag en milieu scolaire! bref, je le conseille

une petite citation : "dans cette famille exemplaire, je ne peux pas suivre.Mon frère aîné marche sur les traces de mon père, le cadet sur celle de sa mère. Moi, je suis au bord de l'autoroute, et je les regarde filer."

mercredi 9 avril 2014

2ème session : faire un exposé

Pour la 2ème session (j'ai donc déjà vu tous les élèves 1 fois) d'IRD, on s'attelle à la recherche d'information à partir d'un article en ligne imprimé intégralement par mes soins!
objectifs principaux : le questionnement du sujet et surtout la sélection de l'information

  • 1ère séance
- présentation du projet : faire un exposé par groupe de 2 dont le thème est à choisir parmi une liste fermé et la recherche d'informations se faisant uniquement à partir d'un seul article imprimé.
- distribution de la fiche consigne (j'ai retenu l'erreur de la 1ere session, maintenant  CONSIGNES ÉCRITES). les élèves sont un peu effrayés par l'oral
- répartition des groupes. je laisse le choix aux élèves de leur partenaire de travail. je leur dit aussi que travailler avec son/sa meilleur-e ami-e c'est super sauf si l'autre ne travaille pas...bref, dans travail de groupe, il y a groupe et travail ! Tous les élèves se lèvent et se mettent par groupe, chaque groupe sur sa table. puis... suspens

*parenthèse* j'ai oublié de dire que j'utilise les cartes conceptuelles pour... un peu tout. les élèves adorent quand je clique et que ça ouvre tout un tas de branches nouvelles. je ne me suis pas encore lancée dans la réalisation de carte conceptuelle avec les élèves de 6ème mais on en fait avec les 3ème en technologie *fin de la grosse parenthèse*

- répartition des sujets : je clique sur la bulle "sujets" et ... c'est la foire d'empoigne. En général, je finis par suivre l'ordre alphabétique sujets 1ers groupes et sujets 2èmes groupes

/!\ dialogue (ceux qui me connaissent peuvent mettre le ton :-P)
- je questionne les élèves "vous avez un exposé à faire, vous faîtes quoi maintenant?"
EUX -en chœur - on va sur internet
Moi : où ça sur internet?
Eux - tombant dans le panneau - sur Wikipédia !
Moi - ça tombe bien, pour gagner du temps, je vous ai imprimé l'article de Wikipédia sur vos sujets (de 5 à 45 pages recto-verso)
- distribution des articles supports (un par élève) avec interdiction de faire des recherches ailleurs que dans cet article ("mais madâââme, c'est long", "faut TOUT lire?",...)

Moi : c'est long hein? il y a beaucoup d'informations? Est-ce qu'on peut croire que c'est un élève de 6ème qui a écrit ça?
Eux : nooooon
Moi : alors, quand on vous demande de faire des recherche, pourquoi vous copiez l'article de wikipédia? est-ce que vous croyez que le professeur ne sait pas d'où ça vient (on ne va pas polémiquer sur "le prof sait d'où ça vient mais s'en fout complètement, il est content d'avoir de beaux exposés pour décorer sa classe aux portes ouvertes")?
Eux : noooon?
Moi : est-ce qu'on a besoin de toutes les informations que sont dans l'article?
Eux : ben, on sait pas...
Moi - rebondissant sur cette hésitation savamment planifiée - justement, qu'est-ce qu'on veut savoir?
après débat, pour les biographies sur les dieux : noms, famille (parents,frères et sœurs, enfants), fonction, habitations et sanctuaires, attributs, mythe de la naissance, description physique
pour les travaux d'Hercule : schéma narratif grosso modo
pour les biographies de savants et d'auteurs : noms, date et lieu de naissance, date et lieu de mort, nationalité, métier, famille (parents, frères et sœurs, conjoints et enfants), pourquoi est-il connu (ses inventions + date, ses découvertes + date, ses œuvres + date, ses recherches), ses amis/ses ennemis
on écrit tout ça sur le cahier et "lire l'article en entier du début jusqu'à la fin" pour la prochaine fois

  • 2ème séance
- la répartition du travail dans le groupe : mise au point sur le travail de groupe et répartition du travail de recherche (ce que je fais/ce que l'autre fait/ce que nous faisons ensemble)
- début du travail de recherche avec interdiction de recopier intégralement ce qui est écrit dans l’article

  • 3ème séance
- fin de la sélection de l'information
- mise en phrase sur le cahier : les élèves cachent l'article de Wikipédia et font leurs propres phrases. Ils sont très inquiets du nombre de lignes qu'ils doivent faire (aucune limite minimale ni maximale). La mise en phrase est très difficile et trouver d'autres verbes que "être" et "avoir" ...n'en parlons pas

  • 4ème séance
en salle informatique, les élèves tapent leurs exposés en utilisant framapad. J'aime beaucoup travailler le brouillon avec un pad pour plusieurs raisons :
- tous les élèves sont au travail, il n'y en a pas un qui tape et l'autre qui dicte/regarde ce que font les autres/joue avec ses ciseaux/... (rayer les mentions inutiles!)
- gain de temps : les deux élèves écrivent en même temps la partie qu'ils ont travaillé sur un seul document
- ré-investissement : les élèves voient l'intérêt de l'outil et certains vont même jusqu'à s'en resservir pour d'autres travaux de groupes
On commence la séance par la présentation du fonctionnement du pad : avec le vidéoprojecteur, on écrit en simultané avec plusieurs élèves. Puis les élèves écrivent leur partie. Une fois que c'est fait, les élèves exportent leur travail vers un traitement de texte pour pouvoir intégrer l'image.
Pour la recherche d'images libre de droit, on part aussi de la pratique des élèves : Google image! "outils de recherche" > "droits d'usages" > "réutilisation et modification autorisée sans but commercial" et c'est parti

  • 5ème séance
passage à l'oral avec projection au vidéoprojecteur du travail des élèves.

bilan :
positif : 
- les consignes écrites! Une prof de français m'a même piqué la fiche d’organisation du travail en groupe à la photocopieuse. J'avais oublié à quel point les élèves de 6ème...sont des 6èmes
- le pad, une valeur sûre
- les exposés sont de bonne qualité 

négatif : 
- je n'ai pas assez accompagné la mise en phrase des élèves qui a été très laborieuse. Elle aurait méritée une séance supplémentaire
- l'auto-évaluation. Je n'ai pas pensé à rappeler aux élèves de s'auto-évaluer et bien peu ont pensé à regarder les critères d'évaluation avant la 5ème séance